Combien vous coûte vraiment votre voiture chaque mois
Pour ceux qui budgètent le plein mais découvrent l'assurance, le contrôle technique et les pneus au moment où ils tombent.
Demandez à quelqu'un ce que lui coûte sa voiture : il répondra un montant de carburant. C'est la seule dépense qu'on voit toutes les semaines, donc la seule qu'on retient.
C'est aussi, très souvent, moins de la moitié du total. Le reste arrive par à-coups, une ou deux fois par an, et s'inscrit dans la mémoire comme un imprévu — alors que rien n'était imprévisible.
Les dépenses qu'on voit
Le carburant ou la recharge, et le stationnement s'il est payant. Elles reviennent assez souvent pour être perçues comme une charge courante, et sont généralement les seules déjà présentes dans un budget.
Les dépenses qu'on oublie
Elles ont un point commun : leur périodicité est plus longue qu'un mois. C'est exactement ce qui les rend invisibles à un budget mensuel.
- l'assurance, souvent réglée en une fois
- la taxe de circulation
- l'entretien périodique, et le contrôle technique
- les pneus — deux trains sur la durée de vie du véhicule, rarement provisionnés
- les réparations hors entretien, qui ne sont pas des accidents mais une moyenne
- le crédit ou la location, quand il y en a un
La dépense qu'on ne compte jamais : la dépréciation
C'est la plus lourde, et elle ne quitte jamais votre compte. Votre véhicule perd de la valeur chaque mois, et vous ne le constatez qu'une fois, à la revente.
Une voiture achetée 18 000 € et revendue 8 000 € six ans plus tard a coûté 10 000 € en dépréciation, soit près de 140 € par mois — sans qu'aucun virement n'ait jamais porté ce nom.
Ces chiffres sont une illustration : tout dépend du modèle, du kilométrage et du marché. Le principe, lui, ne dépend de rien. Si vous ne comptez pas la dépréciation, vous ne comparez pas des coûts, vous comparez des mensualités.
La méthode : tout ramener au mois
Le calcul demande une heure, une fois. Reprenez douze mois de relevés plutôt que vos souvenirs — l'écart entre les deux est précisément le sujet de cet article.
- Additionnez toutes les dépenses liées au véhicule sur les douze derniers mois.
- Ajoutez la part annuelle des dépenses plus rares : divisez le prix d'un train de pneus par sa durée de vie en années, faites de même pour les grosses révisions.
- Ajoutez la dépréciation annuelle : prix d'achat moins valeur de revente estimée, divisé par le nombre d'années que vous comptez la garder.
- Divisez le total par douze.
Ce qu'on fait de ce chiffre
D'abord, il cesse d'y avoir des surprises. Les dépenses annuelles deviennent des provisions mensuelles : le jour où l'assurance tombe, l'argent est déjà là. Vous ne payez pas moins, vous payez plus tôt et par petits morceaux.
Ensuite, les comparaisons deviennent honnêtes. Une seconde voiture, un changement de modèle, le passage aux transports en commun ou à la location occasionnelle : ces arbitrages ne se jugent qu'au coût mensuel complet, jamais au prix affiché.
Beaucoup de gens découvrent à ce moment-là que leur voiture est leur deuxième poste de dépenses après le logement. Cela ne veut pas dire qu'il faut s'en séparer — seulement que la décision mérite d'être prise en connaissance de cause.
